Le Petit Prince de Harlem de Mikaël Thévenot

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Titre : Le Petit Prince de Harlem
Auteur : Mikaël Thévenot
Editeur : Didier Jeunesse

 

RESUM

Des clubs de jazz aux guerres de gangs : bienvenue à Harlem.
Entre les trafics et la pauvreté ambiante, Sonny fait tout ce qu’il peut pour aider sa mère à joindre les deux bouts. Quitte à basculer dans l’illégalité…
Il n’y a que le soir que son âme s’élève, sur les toits, lorsqu’il souffle dans son saxophone et que le son pur et ensorcelant du jazz enchante sa vie.
Mais entre la rue et les toits, peut-il choisir son destin ?

 

 

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« Je crois que j’avais imaginé un monde où la musique faisait danser les gens jusqu’au bout de la nuit, jusqu’à leur faire oublier la couleur de leur peau et, surtout, celle des autres. »

Aujourd’hui, je vous propose une chronique consacrée à un petit livre jeunesse. Il s’agit du roman Le Petit Prince de Harlem de Mikaël Thévenot. Je l’ai emprunté à la bibliothèque sur un coup tête et de manière superficielle je dois dire. En effet, c’est la couverture avec le titre qui m’ont tout de suite interpellé et je n’ai même pas cherché à en savoir plus sur le résumé pour le prendre. Au final, j’ai beaucoup aimé cette histoire portée par la musique jazz.

L’histoire s’ouvre sur la Nouvelle Orléans de nos jours, avec un vieil homme noir qui s’apprête à écrire son histoire dans un petit cahier de brouillon. Ce saxophoniste aimerait coucher sur papier, un pan de sa jeunesse et la manière que la musique l’a sauvé, avant que ça lui échappe. À ses côtés, un jeune officier blanc, ému, l’écoute et se surprend à éprouver de la tendresse pour cet inconnu.
Ainsi, on repart dans années 20, à New York, dans le quartier de Harlem où Sonny vit avec sa mère, dans un petit appartement, des vieux immeubles de la ville. Un soir, depuis l’appartement, il va entendre le son d’un instrument qui va lui faire remonter plusieurs souvenirs et lui changer sa vie … C’est Charlie Green, un saxophoniste qui joue sur le toit de l’immeuble, le repère de Sonny et de sa bande d’amis.

« J’étais un oiseau virevoltant dans l’infini du ciel. Et il n’y avait plus de blanc ni de noir. Seulement du bleu à perte de vue. »

C’est un roman jeunesse très court, vraiment rapide à lire, donc je ne vais pas en dire plus et vous laisse découvrir par vous-même la vie de Sonny. Il n’en reste pas moins très touchant avec des personnages vraiment attachants. Malgré les difficultés qu’ils traversent, la vie en tant que personne noire pendant la ségrégation, ils gardent toujours espoir en l’avenir, en une vie meilleure. Sonny est un personnage très mature pour son âge. Il vit une situation assez compliquée et prend de plus en plus conscience du monde qu’il l’entoure. Le jeune garçon grandit porté par les notes du saxophone de son ami Charlie, qui va lui ouvrir les portes d’un nouveau monde, où la musique rassemble toutes les communautés, dans une très belle ambiance d’unité.

« N’oublie pas ce que je t’ai dit la première fois, Sonny, c’est ton âme qui chante dans ton saxophone. C’est ça qui donne sa force à ta musique. » 

Ce roman dégage beaucoup de positivité. La belle plume de Mikaël Thévenot, rythmée par la musique jazz des années 20, laisse entrevoir beaucoup de gaieté, et de joie de vivre, malgré la période. Le récit est assez simple, je n’ai peut-être pas été transcendée dans ce roman, mais le sujet reste très beau et efficace. Il aborde un pan de l’histoire américaine, la ségrégation, la prohibition avec justesse, subtilité et sans tomber dans le mélodrame. J’aime beaucoup lire des romans de cette période, que je trouve très intéressante, et qui perpétue le devoir de mémoire. Les descriptions sont tellement réalistes qu’ils m’ont transporté dans un voyage à travers le temps, dès quartiers de Harlem à La Nouvelle Orléans. D’ailleurs, la playlist au début du roman nous plonge irrémédiablement dans cet ambiance très cool et jazzy qui nous fait vibrer !

Le Petit Prince de Harlem est un très beau texte avec une belle philosophie vraiment inspirante qui m’a beaucoup plu. Le parcours initiatique de Sonny fait réfléchir sur le monde qui nous entoure. Une belle ode à l’humanité, à la tolérance et à travers la musique.

« Quand je soufflais dans mon instrument, je lui confiais tout ce qui troublait mon âme, tout ce que je ne pouvais pas formuler avec des mots. Alors la musique m’enveloppait et je devenais aussi léger qu’une plume que le vent fait tournoyer au gré de ses humeurs. »

 

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