Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus de David Bry

0cd607e3-6701-46c0-97db-3ce27346867cTitre : Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus
Auteur : David Bry
Editeur : Lynks

Résumé

Paris. XIXème siècle. L’Église de la Norme a parqué tous ceux qui ne sont pas conformes à la Cour des Miracles. Romain, 15 ans, est fasciné par ceux que l’on nomme les anormaux. Quand il apprend l’existence d’un complot visant à les éliminer, il décide de tout faire pour les aider.

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Une réflexion sur l’adolescence et la difficulté d’être soi
Un hymne à la liberté et à la différence
Suspens et romantisme dans un Paris inspiré de celui de Notre-Dame-de-Paris

Avis

« – Contrairement à certains penseurs de l’Église, je suis convaincu que la différence est justement le fondement de la société. Elle nous enrichit, nous ouvre, des horizons sans limites. Elle nous permet d’envisager plusieurs chemins, de les jauger et d’ensuite prendre le meilleur. Sans différence, la société stagne, n’évolue plus. C’est la mort assurée. »

Aujourd’hui, je vais vous donner mon avis sur Le Garçon et la Ville qui ne souriait plus de David Bry, un roman uchronie des éditions Lynks. C’est encore un genre que je ne lis pas habituellement et aussi ma première lecture de cette maison d’édition. Je les remercie sincèrement pour leur confiance et cette découverte littéraire. J’avais été très emballée par le teasing autour du roman. La magnifique couverture m’avait tout de suite séduite et la quatrième de couverture m’intriguait beaucoup. C’est donc avec une impatiente curiosité que j’ai commencé ma lecture. Au final, je n’ai pas été déçue, j’ai passé un très bon moment de lecture avec un roman qui aborde des thématiques très importantes.

Nous sommes transportés à Paris en 1858, sous l’empire d’un certain Nicéphore le IIIème. Dans cette Empire, la différence n’a pas sa place. C’est un monde régi par les lois de la Norme, qui dictent la bonne conduite à adopter par les individus. Cette terrible société est principalement influencée par l’Église de la Norme et son archevêque aussi fanatique qu’inquiétant. L’Ordre et la Sécurité sont de rigueur et la « Police de la Norme » est chargée de rechercher puis d’arrêter toute personne coupable de difformité ou de maladie physique et mentale, ainsi que de toute conduite contraire à la morale dominante. Ces individus aussi appelés les « anormaux » sont traqués, arrêtés, et parqués à la Cour des Miracles, l’île de Paris qui abrite les ruines de Notre Dame de Paris.

« Qui sommes-nous, pour décider de ce qui est normal ou pas ? Qui sommes-nous pour décider qui doit vivre dans notre société, et qui ne le doit pas ? Et sous quel prétexte ? »

C’est dans cet univers que nous suivons Romain, un jeune adolescent qui fête ses 15 ans. Il est le fils aîné du chef de la Police de la Norme et d’une ancienne aristocrate. Il vit dans les beaux quartiers de la capitale où paraitre et convenance sont plus importants. Cependant, cette existence dorée faite de bals et de relations mondains ne convient pas au jeune homme, qui rêve de liberté et d’une autre vie. Il se sait différent de sa famille, de ce que la société exige de lui, et se sent plus en adéquation avec les habitants de la Cour des Miracles, où il aime s’y rendre discrètement tard dans la nuit. La découverte d’un gigantesque complot menaçant la destruction de l’île, ainsi que la vie de ses occupants va bouleverser le quotidien de Romain et le contraindre à faire des choix capitaux qui pourrait tout changer à l’avenir.

« – Les hypnotiseurs ne peuvent pas modifier la nature des gens, Romain. Ils ne te changeront pas. Ils t’empêcheront juste… d’être la personne que tu es vraiment. » 

Dès le départ on s’attache à notre héros qui sait ce qu’il veut, ce qui est juste et ne se laisse pas décourager par ses sentiments conflictuels. Romain est à la recherche de sa propre identité, et du sens à donner à son existence. C’est un personnage qui nous touche par sa sensibilité, son humilité et sa détermination. Il entraîne dans ses aventures Ambroise son meilleur ami depuis l’enfance, mais aussi ses nouveaux amis de la Cour des Miracles : Lion, Akou, Joséphine et les autres enfants anormaux. Ils sont vraiment touchants, courageux et prennent soins les uns sur les autres. J’ai apprécié les valeurs entraides, de respects et de tolérances mises en avant à travers ces personnages.

David Bry a une plume très recherchée. L’histoire se déroule en 1858, et le style d’écriture de l’auteur s’adapte très bien à cette période. Cela a dû demander beaucoup de travail de recherches, et c’est très réussi, il y’a même un lexique en fin de livre pour les mots familiers spécifique à l’époque. C’est aspect très historique du récit m’a dérouté au tout début de ma lecture, mais l’intrigue a pris le pas sur cela et je suis vite passée au-dessus pour au final passer une agréable moment lecture. De plus, je trouve que le travail éditorial est très soigné. Le roman contient quelques petites illustrations et chaque en-tête de chapitre propose un extrait de texte lois, de philosophes, des lettres ou autres, qui sont relatifs à l’univers crée par l’auteur et nous permettent de comprendre encore plus l’histoire.

« – Je sais que vous espériez autre chose de moi. J’ai bien compris que vous aimeriez que je sois un autre. Je… je n’y arrive simplement pas. »

Le petit reproche que je ferais à ce livre est le manque de profondeur au récit, qui m’a quelque peu frustré. L’intrigue est bien construite, avec tout ce que j’aime, de l’action avec des complots ainsi que des trahisons qui se mêlent et s’entremêlent, des sociétés secrètes, de nouvelles amitiés et des nouveaux ennemis. Mais de mon point de vue, ces ingrédients sont amenés trop rapidement, tout s’enchaine trop vite, et arrive au bon moment aux personnages. Cette sensation se fait particulièrement sentir au dénouement de l’histoire, si bien que ça manque d’explications. C’est dommage parce que cet uchronie historique est vraiment original avec cette atmosphère très sombre, une société où la différence n’a pas sa place et ne laisse aucune liberté. Je pense que l’auteur voulait surtout mettre l’accent sur les messages véhiculés avec justesse et subtilité à travers son récit. Des messages de respect, de tolérance, d’acceptation de soi et de chaque individu peu importe leurs différences.

Malgré ce manque de profondeur à l’histoire, j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai beaucoup aimé ce roman uchronie. David Bry a créé un univers historique original ou évolue des personnages touchants qui transmettent de très beaux messages de tolérance et d’acceptation des différences de chacun. Un hymne à la liberté !

« S’il n’a pas été facile de se dresser contre les Lois de la Norme, il est peut-être plus difficile encore de pardonner à ceux qui n’ont pas eu suffisamment de courage, d’amour, d’inconscience – ou de tout cela à la fois – pour le faire. »

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