La Déréliction de la Chaussette Trouée de Geoffrey Marchand

design-20Titre : La Déréliction de la Chaussette Trouée
Auteur : Geoffrey Marchand
Editeur : Inceptio Editions

 

Résumé

Depuis que l’air est devenu irrespirable, les gens ne sortent plus de leur appartement. Les portes des immeubles sont scellées, tel l’entrejambe d’une chrétienne prémaritale. Alors Vincent, programmeur, occupe ses journées de lignes de code, de sandwichs lyophilisés et de porno sur le web.
Sa vie est insipide.
Jusqu’au jour où apparaît sur son écran un message gouvernemental. Roulements de tambours et musique à crissement, sa vie bascule. L’acharnement ubuesque qu’il a donné pendant tant d’années à maintenir sa vie dans la banalité la plus inintéressante vole alors en éclat. La prison le guette, les cyber-terroristes l’espionnent. C’est la merde.

Dystopie drôle et crue, La Déréliction de la Chaussette trouée propose une réflexion cynique sur la génération Y au travers d’une société cyber dépendante.

 

Avis 

« Le monde entier, tout comme lui, n’avait pour seule compagnie journalière qu’un écran et un clavier, un bot de compagnie quand il ne dormait pas. »

Aujourd’hui, je vais vous donner mon avis sur la dernière parution de 2018 des éditions Inceptio et qui a été aussi ma dernière lecture de cette année. Il s’agit du premier roman de Geoffrey Marchand, La Déréliction de la Chaussette Trouée, qui s’inscrit dans la dystopie, mon genre préféré après la fantasy et fantastique. Je remercie encore un fois Ophélie pour sa confiance et de me permettre de découvrir les livres d’Inceptio. J’ai commencé cette lecture sans savoir où cela allait me mener, mais en ayant la certitude que ce serait différent de ce que je lis habituellement et j’ai eu raison. J’ai découvert un univers original, avec un personnage principal différent de ce qu’on nous propose habituellement, et pourtant j’en ressort assez mitigée.

On se retrouve dans un monde futuriste, dystopique où l’humanité doit vivre enfermé dans des immeubles à ventilation contrôlée, à la suite d’un rapport apocalyptique sur la qualité de l’air. L’air étant devenu nocif, la sortie des hommes dans la rue est désormais interdite. Les années passent et la situation n’évolue guère. C’est dans ce monde que vit Vincent qui travaille en tant que programmeur informatique pour le Duché, la nouvelle économie mise en place pour pallier à l’isolement des gens. Ne pouvant plus sortir, les habitants ne vivent plus que par le cyber informatique qui leur permet de tout accomplir. Cela leurs permettent de travailler, de faire des courses, de rester en contact avec les uns avec les autres, et même les relations amoureuses passent par ce biais-là.

« Il avait travaillé si dur, il avait souhaité si fort devenir un membre standard et banal de la société. »

Vincent vit une vie assez ennuyante, avec pour seul compagnie une intelligence artificielle audio dit « bot de compagnie » et prénommé Léon. La vie du jeune homme se résume à être un bon citoyen en tant que programmeur pour le duché afin d’avoir une meilleure note et espérer ainsi pouvoir faire de meilleure rencontre. Ainsi, il se contente de cette vie fade et sans surprise, qui lui permet au moins d’être vivant. Mais un évènement dramatique vient bouleverser son quotidien, et ce qui devait juste être une formalité se transforme bien vite en mésaventure qui va le conduire à des révélations incroyables sur la société qu’il sert. Je n’ai pas du tout apprécié Vincent, j’avais l’impression d’être face à un personnage apathique, un mouton qui suit le troupeau sans se poser de question. Je ne me suis pas du tout attachée à lui et cela jusqu’à la toute fin de ma lecture. Mais en même temps, je reconnais que pour une fois ça change que ce ne soit pas le stéréotype du héros de dystopie. Les autres personnages m’ont un peu laissé indifférent également, mis à part Léon dont ses répliques sarcastiques m’ont fait sourire par moment. Le Duc ne m’a pas laissé indifférent non plus, c’est un personnage qui aurait mérité d’être approfondi.

« Il se savait habité d’un courage à durée de péremption : s’il ne l’utilisait pas de suite, il ne le retrouvait pas »

Le point fort du roman reste l’univers dystopique assez originale qu’a créé Geoffrey Marchand. A travers cet univers et les péripéties de Vincent, l’auteur nous pousse à la sensibilisation. Il met l’accent sur notre dépendance à la technologie, l’informatique qui nous poussent à l’isolement social et nous alarme également sur les problèmes d’écologie et d’environnement. J’ai beaucoup apprécié cet aspect du récit, qui en fait un roman futuriste authentique et qui pousse à la réflexion. Grâce à une écriture fluide, enrichie d’un humour qui tourne souvent autour du sexe, ce livre se lit vraiment rapidement, malgré que ça ne soit pas du tout mon genre humour. On est poussé par la curiosité de connaitre le dénouement de l’histoire et de découvrir les vérités cachées de la société du Duché. D’ailleurs la fin m’a un peu laissé sur ma faim, j’aurais aimé en savoir plus sur le Duc et le système qui qu’il a mis en place notamment.

Pour résumé, Geoffrey Marchand a créé un univers futuriste authentique que j’ai apprécié et qui nous rappelle les enjeux de l’écologie sur notre planète. A un travers une histoire à l’humour décalé qui n’a pas été à mon goût, l’auteur nous proposes des personnages différents des stéréotypes habituelles, mais qui ne m’ont malheureusement pas plût. Un avis un peu mitigé pour ce roman qui mérite quand même d’être lu pour son originalité.

« Il n’avait jamais cherché à être un meneur. Présentement, le monde entier lui vouait un rôle auquel il ne prêtait qu’à moitié attention. Il n’était pas révolutionnaire ou politicien. Tout au plus, un type un peu normal, looser sur les bords, dans une paire de chaussettes qu’il aurait dû changer une semaine auparavant. »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s