Books

Rien de plus grand de Malin Persson Giolito

img_1369Titre : Rien de plus grand
Auteur : Malin Persson Giolito
Editeur : Les Presses de la Cité

 

Résumé 

La pièce empeste les œufs pourris. L’air est lourd de la fumée des tirs. Tout le monde est transpercé de balles, sauf moi. Je n’ai même pas le moindre bleu.
Stockholm, sa banlieue chic. Dans la salle de classe d’un lycée huppé, cinq personnes gisent sur le sol, perforées de balles. Debout au milieu d’elles, Maja Norberg, dix-huit ans à peine, élève modèle et fille de bonne famille. Son petit copain, le fils de la plus grosse fortune de Suède, et sa meilleure amie, une jolie blonde soucieuse de la paix dans le monde, figurent parmi les victimes, ainsi que Samir, brillant fils d’immigrés décidé à s’affranchir de sa condition.

Neuf mois plus tard, après un battage médiatique qui a dépassé les frontières suédoises, le procès se tient. Mais qui est Maja ? Qu’a-t-elle fait, et pourquoi ?

Avis

« C’est le pire cauchemar de tous les parents… Voir ses enfants partir le matin et ne jamais rentrer à la maison le soir. »

Aujourd’hui, je vais vous donner mon avis sur le livre Rien de plus grand de Malin Persson Giolito. Il y’a quelques mois, j’ai vu passé ce roman sur le site Lisez.com, et j’ai toute de suite été attirée et intriguée en lisant la quatrième de couverture. Je ne connaissais pas du tout cette auteure, mais j’avais très envie de découvrir ce thrilleur contemporain. Je n’en lis pas beaucoup, même si j’ai adoré les quelques romans thrilleurs que j’ai lus. Ainsi, j’étais vraiment intéressée par le sujet principal sur le massacre dans un lycée. Je me suis jetée sur la première page avec curiosité et je dois dire que j’ai été vraiment surprise. C’est vraiment différent de ce que je m’attendais, j’ai eu du mal à mettre les mots sur ce que j’ai ressenti, mais au final j’ai passé un très bon moment de lecture.

On nous met rapidement devant les faits accomplis. Maja, 18 ans, issue d’une famille aisée de la banlieue chic de Stockholm et promise à un brillant avenir, se retrouve au tribunal, sur les bancs des accusés. Elle est accusée de meurtre et de complicité de meurtres. En effet, neuf mois plutôt, elle a participé à une tuerie dans la classe de son lycée avec son petit ami Sébastien, qui fait aussi partie des victimes. Depuis ce jour fatidique, Maja séjourne dans une maison d’arrêt en attendant son procès. Le pays est en état de choc et les médias se sont emparés de l’affaire en décortiquant tout ce qu’ils peuvent concernant les protagonistes de l’affaire. Mais Maja est-elle réellement coupable de ce dont on l’accuse ? Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ce jour-là ? Ainsi, l’histoire commence avec le début du procès que toute la Suède attend de Maria Norberg.

« Il y a des mots que l’on ressent dans tout le corps. Qui éveillent un sentiment dans une partie du cerveau à laquelle on ne s’attendait pas. Les bons mots peuvent réchauffer le cœur. »

A travers le procès, le déroulé des débats entre la défense et la partie adverse jusqu’au verdict, nous allons faire la connaissance de Maja, découvrir son histoire. Tout au long de notre lecture nous allons essayer de comprendre en même temps que les jurés le pourquoi du comment, ce qui l’a amenée à commettre ces crimes. Dans une narration remplie de cynisme à l’égard des personnes et du monde qui l’entourent, Maja va nous dévoiler sa vie, avec sa famille, ses amis au lycée. On remonte le temps à ses côtés, on suit sa rencontre avec Sébastian, leur amour fusionnel, le mal-être de Sébastian.
Maja est un personnage assez complexe. Au prime abord, tout incite à la détester, elle n’est pas très sympathique avec son cynisme et ses sarcasmes même à l’égard de ses proches, mais au fil des page on comprend vite que c’est un mécanisme de défense pour se protéger par apport à tout ce qui lui arrive et éviter de faire face ses sentiments, ses choix et ses erreurs. Mais à mesure que le procès avance, afin de déterminer sa part de responsabilité dans le drame survenu quelques mois plutôt, sa version nous est révélée et elle va devoir affronter tout ce qu’elle ressent. J’ai vraiment été touché par ce personnage et par ce qu’elle a vécu et je me demande ce que j’aurais fait dans sa situation.

« Le bonheur est un cocktail parfait, dont personne ne connaît la recette. »

La plume de Malin Persson Giolito est fluide, percutante et addictive. L’intrigue est très bien menée et jusqu’au bout l’auteure nous tient en haleine. J’ai eu l’impression de faire également partie des jurés et que je devais essayer de démêler le cours des évènements pour comprendre ce qu’il s’est passé dans cette salle de classe. Au fil des pages, la tension monte tout doucement en même temps que des éléments nous sont dévoilés pour nous permettre de faire notre propre opinion souvent malmenée, sur les évènements qui sont survenus et qui a poussé à la tuerie. Ancienne avocate, Malin Persson Giolito nous plonge dans son monde, le palais de justice, un milieu que maitrise parfaitement. Le monde juridique est assez addictif, loin d’être ennuyant comme je l’avais craint au départ, dans le sens où il remet sans cesse en question nos convictions. Elle a fait le choix surprenant, dont je ne m’y attendais pas du tout et qui m’a un peu dérouté au début, de traiter d’une affaire de tuerie lycéenne peu ordinaire à travers son procès. Mais en nous permettant avant tout de méditer sur le sombre portrait de la société actuelle et qui rejaillit sur la jeune génération en souffrance face aux inégalités sociales. C’est efficace, ça nous bouscule et ça dérange tellement c’est criant de vérités qu’on tait.

Plus qu’un thriller, c’est un roman très actuel qui nous fait réfléchir sur pleins de choses qui font encore l’actualité comme notamment la discrimination. Ce livre m’a vraiment sorti de ma zone de confort, m’a dérouté aussi mais au final j’ai vraiment aimé cette lecture. L’analyse psychologique est très bien travaillée et nous pousse dans une remise en question constante sur nos convictions. Rien de plus grand est vraiment différent de ce que je lis habituellement et je suis contente de mettre laisser tenter. Je le recommande vraiment !

« Une fin n’est tragique que si elle a été précédée d’une alternative, que si elle ressemble à une conclusion injuste. Pas quand elle est inévitable. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s