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La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarede

img_0979Titre : La première fois que j’ai été deux
Auteur : Bertrand Jullien-Nogarede
Edition : Flammarion Jeunesse

 

Résumé 

« Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu’un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam.
J’étais vraiment folle amoureuse. »

Karen à 17 ans et elle veut échapper à une histoire écrite d’avance. Le roman peint ses bonheurs et ses difficultés au rythme d’un BO très britannique.

 

Avis

« Jouis de l’instant, demain ce que tu croyais éternel aura disparu. »

Aujourd’hui sort dans les librairies, le premier roman de Bertrand Jullien-Nogarede que j’ai eu la chance de lire en avant-première. Je le remercie encore sincèrement de m’avoir permis de découvrir ce beau roman. J’étais vraiment curieuse en découvrant le synopsis que m’a envoyé l’auteur, car j’avais l’intuition que serai plus qu’une histoire d’amour. J’avais d’ailleurs raison et je suis d’autant plus contente d’avoir lu ce livre, car même si la couverture est belle, la quatrième ne m’aurait peut-être pas donné envie d’acheter. Ce qui aurait été une grave erreur, car j’ai passé un excellent moment de lecture.

Dès le départ, on suit Karen Traban durant son année de BAC Littérature. Une héroïne passionnée de littérature et de musique, qui vit dans la banlieue parisienne avec sa mère dépressive et qui n’a jamais connu son père. Karen est une jeune fille sérieuse, discrète, et assez timide mais qui a quand même une bande d’amis dont des meilleurs amis Mélanie et Jonathan. La vie ne lui a pas fait de cadeau, elle met donc de la distance et se protège comme elle peut surtout envers les garçons. Sa petite vie de lycéenne modèle s’écoule dans une routine ennuyante et tranquille sans grand espoir de changement pour le meilleur. Pourtant elle va faire une rencontre qui va changer sa vie. Un jeune anglais Tom Darcy débarque, avec sa famille après un évènement tragique, dans la classe de Karen et va faire voler en éclats ses certitudes. Lui aussi musicien, ce jeune homme est sérieux, sensible et attentionné.

« Ma vie s’était, d’une certaine manière, construite au fil des lignes. Je sais où me retirer quand les grands vents de la vie emportaient tout sur leurs passages. Il me suffisait d’ouvrir un livre et de me laisser glisser à l’intérieur. »

J’ai eu un coup de cœur pour Karen, je me suis beaucoup identifiée en elle. J’ai aimé la suivre et la voir évoluée et murir tout au long de ma lecture. Comme moi, elle est toujours sur la réserve, un peu trop pessimiste aussi, et remplie de craintes à l’intérieur. Elle ne ressemble vraiment pas aux adolescentes qui l’entourent, et elle est tellement mature. Elle fuit la futilité de ces jeunes années d’adolescences et préfère la solitude à des expériences sans intérêt et brèves. Ses réflexions sur tout ce qui l’entoure et qu’elle exprime à coup d’ironie mais de manière tellement juste ont trouvé échos en moi. Sa relation avec Tom est très touchante comme tous les premiers amours peuvent l’être. Karen découvre un garçon qui, comme elle, semble venir tout droit d’une autre époque révolue. Ils sont jeunes mais ont l’âme d’un autre âge.

Avec ce genre de description on pourrait tout de suite croire que ce roman traitera sur une banale histoire d’amour d’adolescents mais très vite on comprend que c’est un piège. En réalité, on s’aperçoit rapidement que c’est le début d’une quête initiative, qui tire sa profondeur de ce thème universel qui est l’amour. De plus le récit se déroule quelque mois avant le Baccalauréat qui correspond parfaitement à ce moment de basculement entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. Karen possède une lucidité assez juste et aiguisée sur la vie, l’amour, son avenir. Elle dépeint de manière efficace les représentations des relations amoureuses, l’hypocrisie des adultes, la société de consommation et la désespérance des banlieues. Elle ne se fait pas trop d’illusion sur le cours que peut prendre la vie d’une gamine de banlieue. Malgré tout, notre héroïne ne peut s’empêcher de rêver mieux, et c’est notamment lié à son coté littéraire, surtout avec l’arrivé de Tom dans sa vie.

« Certains moments de notre existence garderont à jamais une intensité particulière, une vibration dont les ondes continueront à nous parcourir longtemps après. »

La plume de Bertrand Jullien-Nogarede est légère, agréable tout en étant spirituelle, et philosophique. A travers,une narration à la première personne du point de vue de Karen, l’auteur utilise des mots qui nous touchent, nous percutent et résonnent en nous.On devine tout le travail qui a inspiré la narration de Karen et j’en suis impressionnée. L’auteur n’a eu aucun mal à me faire rentrer dans son histoire rythmée par la musique rock anglais. Je tournais les pages sans me rendre compte, tellement j’avais du mal à m’arrêter de lire. Il se lit vraiment très vite, au point où on arrive à la fin du livre sans s’en rendre compte. Il aurait même fallu quelques chapitres de plus, car je n’étais pas prête du tout à quitter Karen et Tom. Leur couple est vraiment adorable.

Ce récit remplie de réalisme, de justesse, nous transporte avec talent entre la romance et le roman d’apprentissage. De plus, on nous invite dans un sacré voyage initiatique vers le passé et le présent. Les évènements historiques ont toujours des conséquences et de l’influence plus personnelle sur certaines personnes.
Enfin, Bertrand Jullien-Nogarède aborde différents thèmes importants au moment du passage à l’âge adulte, comme le lien filial, l’amitié et l’amour, les rêves et les ambitions. Ce roman correspond vraiment à tout le monde, aussi bien à un public jeune que mature.

« On est tous mort de trouille, mais ça ne nous empêche pas d’agir. Nous ne sommes responsables que de ce que nous faisons et aussi de ce que nous choisissons de ne pas faire. »

Je ne veux pas vous en dire plus car cela gâcherait votre lecture et c’est le genre de livre à ne pas trop spoiler. Il est à découvrir mot après mot, page après page sans arrière pensé. Il vous emporte avec douceur et fraicheur vers une promenade amoureuse avec nos deux héros entre la France et l’Angleterre où s’entremêle musique et littérature.

Au final, La première fois que j’ai été deux est un roman frais, attachant, plein de sensibilité, mais aussi rempli de leçons de vie qui nous font réfléchir sur la vie et l’amour. Un véritable hymne à la vie. C’est traité avec simplicité, philosophie et j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture. Un premier roman réussit et j’attends avec impatience de découvrir les autres œuvres de l’auteur.

« On peut me raconter tout ce qu’on veut sur le bonheur, le sens de la vie, la réalisation de soi ; je crois qu’au fond, la seule chose qui compte, c’est d’avoir du caractère, ne pas s’en laisser conter et savoir exactement ce qu’on veut obtenir de l’existence, ne jamais sacrifier à la facilité et refuser de se laisser emmerder par les marchands de sable qui sont avant tout des marchands. »

 

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