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La Servante Ecarlate de Margaret Atwood

img_0783Titre : La Servante Ecarlate
Auteur : Margaret Atwood
Editeur : Robert Laffont / Pavillon Poche

 

Résumé

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

 

Avis

« Mieux ne veut jamais dire mieux pour tout le monde, dit-il. Cela veut toujours dire pire, pour certains. »

 Aujourd’hui, je vous retrouve pour vous parler d’une lecture choc. Il s’agit de La Servante Écarlate (The Handmaid’s Tale) de Margaret Atwood. J’avais quelques fois entendu parler de cette auteure mais sans jamais faire plus attention à ses romans. Ce n’est quand voyant le trailer de l’adaptation en série de La Servante Écarlate et tout le succès qui a eu tour celle-ci, que j’ai tout de suite eu envie de lire ce roman. On m’avait prévenu que ce livre était dur mais je ne m’attendais pas me prendre une claque en lisant ce roman !

L’histoire, nous plonge dans la République de Giléad, fondée par des fanatiques religieux. Giléad s’est mise en place petit à petit, à la fin du XXe siècle, avec la montée du puritanisme (lutte contre la pornographie) et du contrôle (monnaie dématérialisée puis confisquée aux femmes, fermeture des frontières et vérification d’identité). Ils ont instauré un système ou tout ce qui n’est pas nécessaire pour vivre a été complétement banni. Désormais tout est contrôlé et surveillé de près, on ne peut faire confiance à personne car au moindre soupçon ou incartade est passible de mort ou pire …
C’est un état totalitaire qui justifie tout par la religion.
Les femmes sont réduites à quatre fonctions. Il y’a les Tantes, des nones religieuses, les servantes écarlates considérées comme fertiles et qui sont réduites au rang d’esclaves sexuelles au service d’un couple de privilégiés. Les Marthas qui entretiennent la maison des Commandants. Enfin, il reste les femmes de Commandants, les Épouses, ce sont elles qui ont le pouvoir sur les autres femmes de la maison.
Quant aux hommes, ceux qui ne font pas partis des privilégiés, sont soient des soldats ou des hommes à tout faire. Seuls ceux qui ont une forte position sociale peuvent avoir une femme et avec de la chance des enfants.

 C’est dans cet univers dystopique, que nous suivons Defred, une servante écarlate au service d’un Commandant et de son Épouse. A coup d’humour noir, d’ironie, Defred nous raconte son quotidien, la cruelle monotonie de sa vie, de sa tâche en tant que servante écarlate et comment ses rêves de liberté et ses envies de suicide s’entremêlent. Elle nous livre aussi ses souvenirs, nous permettant ainsi de comprendre la chronologie des évènements qui les ont menés à ce monde de privation. Comment tout doucement, les droits, les lois, les règles ont changé et le peuple n’ont pu réagir par peur et incompréhension. Elle songe également au temps où les femmes avaient le droit de lire, d’écrire, d’échanger des confidences, de dépenser de l’argent, d’avoir un travail, un nom, des amants, une famille …

« On ne peut pas commander à ses sentiments, disait un jour Moira, mais on peut commander à son comportement. »

Je dois dire que je ne sais pas trop ce que je ressens pour Defred, je suis un peu mitigée quand je pense à elle. Même si on sait qu’elle est en désaccord avec ce nouveau régime, ce qu’elle subit quotidiennement, je trouve qu’elle manque un peu de réactivité. Pourtant les passages ou elle parle de son passée, et dont j’ai été plus touchée par elle, on peut déceler une jeune femme forte et courageuse. Je ne dis pas qu’elle n’est pas forte au moment où elle raconte son histoire, car au contraire pour vivre et supporter ce qu’elle subit quotidiennement, ça demande du courage et une grande force morale. Mais je m’attendais à ce qu’elle soit plus combative et non passive. Mais après réflexion, je pense que l’auteure a fait le choix à travers une Defred plus réaliste qu’héroïque, de nous décrire ce monde tel qu’il est avec ses pires travers, sans nous ménager, pour mieux nous bouleverser et nous faire réfléchir … Cela n’aurait peut-être pas eu le même résultat, ni le même impact si elle avait inclus plus de combativité.

Margaret Atwood a une plume efficace, percutante, elle ne passe pas par quatre chemins et dit les choses tels qu’elles sont. Le roman est très narratif, il ne faut pas s’attendre à des pages de dialogue ou à de l’action et des rebondissements. Cela ne m’a pas dérangé, car je voulais toujours en savoir plus cette lenteur. De plus, cette narration correspond parfaitement au quotidien pesant et oppressant de Defred. La façon dont s’est racontée, on comprend que l’auteure a écrit son histoire à la manière d’un journal intime.    Cependant, les va et vient entre le passé de l’héroïne, avant et après la formation de Giléad et le présent m’a peu perturbé. J’avais parfois l’impression de passer du coq à l’âne, j’étais perdu à des moments. Par contre, j’ai beaucoup apprécié les notes explicatives à la fin, une sorte d’épilogue qui remet bien en contexte le récit de Defred et de mieux la comprendre d’une certaine façon.

Au final, ma lecture de La Servante Écarlate a été très perturbante mais aussi inspirante car ça nous fait vraiment réfléchir sur notre perception de vie, du bonheur et de la liberté. Margaret Atwood a créé un univers fascinant tellement il est effrayant et terriblement réaliste. Ce fut une bonne lecture bouleversante et je pense qui faut le lire au moins une fois dans sa vie car ça nous pousse à réfléchir sur la fragilité de la liberté et nos droits. Si on n’y prend pas garde, on peut facilement tout perdre, jusqu’à notre identité propre.

« Mais souvenez-vous que le pardon est aussi un pouvoir. Le mendier est un pouvoir, le refuser ou l’accorder est aussi un pouvoir, peut-être le plus grand de tous.

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