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The Crime de Marie Rutkoski (Tome 2)

img_0658Titre : The Crime
Auteur : Marie Rutkoski
Editeur : Lumen

 

Vous devez absolument lire le premier tome avant de parcourir cet article. Vous pouvez d’ailleurs retrouver mon avis sur The Curse ici.

Résumé

Gagner peut être la pire des malédictions…

Fille du général le plus titré de l’Empire, Kestrel a eu la faiblesse, alors qu’elle réprouve l’esclavage, d’acheter dans une vente aux enchères un jeune homme du nom d’Arin. Pire encore, elle a eu la bêtise de lui permettre de devenir son ami… et de laisser la ville entière s’en émouvoir. Elle n’a compris qu’au dernier moment son erreur, en découvrant l’impensable : espion aux ordres de son peuple oppressé, les Herranis, le jeune homme était là depuis le début pour la trahir, pour renverser le pouvoir.

À présent, tout a changé. Kestrel a été contrainte de lutter pour sa survie. Elle a vu ses amis tomber autour d’elle et a dû supporter la douleur de la trahison d’Arin – elle dont l’éducation entière lui souffle de tout faire pour se venger. Mais, quand il a fallu choisir son camp, elle a préféré, à son tour, l’impensable : sacrifier son bonheur pour celui des Herranis, céder à un terrible chantage qui la force à tourner le dos à Arin une bonne fois pour toutes. Elle est désormais la fiancée du fils de l’Empereur. S’ouvre, à la cour, un terrible jeu d’échec où Kestrel doit mentir à tout le monde, depuis le monarque – un homme sans pitié qui se délecte de la souffrance d’autrui – jusqu’à Arin lui-même, en passant par la masse des courtisans qui n’espèrent que sa chute.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple !

Avis

« Tu peux dire ce que tu veux de moi. Déformer ce qui s’est passé entre nous, mentir sur la forme du soleil et la couleur de l’herbe et les autres vérités de ce monde. Les nier toutes, les unes après les autres, jusqu’à ce que les dieux te punissent pour ta folie. Mais tu ne peux pas dire que je ne te connais pas. »

Aujourd’hui, je vous retrouve avec une chronique consacrée au deuxième tome de la saga de Marie Rutkoski : The Crime. Le premier tome : The Curse ne m’avait pas totalement convaincu. J’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire, ce n’est qu’à la moitié du livre ou tout s’accélérait que j’ai vraiment commencer à l’apprécier. Ce fut donc une lecture assez mitigée. Mais la fin avait réussi à rattraper mon désintérêt du début et finalement j’étais curieuse de connaitre la suite.

Je me suis donc laissée tenter et j’ai emprunté le deuxième tome à la bibliothèque. Je dois dire que je ne le regrette absolument pas. Contrairement à The Curse, j’ai beaucoup apprécié lire The Crime du début à la fin. L’intrigue est plus captivante et il n’y pas eu de moment plus long que l’autre.

L’histoire prend place un mois après la fin des évènements de The Curse. Tout a changé pour nos protagonistes. Pour Arin, les Herranis, et pour éviter le massacre de la guerre, Kestrel passe un marché avec l’Empereur. Contre l’indépendance de Harran, elle doit épouser le prince Verex et devient donc la future impératrice.
L’intrigue principale se poursuit donc désormais au Palais de Val capital de la Valorie. On retrouve les anciens personnages mais on en découvre aussi des nouveaux, dont leurs importances dans les enjeux politiques ne sont pas moindres. Chacun met du sien et tente de tourner les choses à son avantage. Les alliances se font et se défont, tandis que d’autres se créent. Ainsi, les jeux de pouvoir, les coups de bluff, les pièges et les stratégies sont à leur paroxysme.

« À la guerre, disait son père, les meilleures feintes sont celles qui n’en sont pas. Si tu veux distraire l’ennemi, l’empêcher de remarquer le piège que tu lui tends, les artifices que tu emploies, pour être efficaces, doivent être réels. »

Au milieu de tout cela : il y’a Kestrel et Arin. Leur nouvelle situation les oppose encore plus qu’auparavant.
Kestrel se retrouve à lutter dans un environnement auquel elle ignore ce qui l’attend au prochain mouvement qu’elle effectuera. Elle est constamment sur le qui-vive, un pas de travers peut provoquer sa chute. Fort heureusement, elle est dotée du sens de la stratégie que lui a transmis son père, le Général Trajan, ce qui lui permet quelques coups intelligents pour savoir ce qui se trame, et quelles menaces la guettent. Cependant, cette dernière joue à un jeu dangereux et je me sentais constamment frustrée. C’était comme si j’étais constamment à ses côtés mais invisible et je ne pouvais qu’assister, impuissante, à ses multiples prises de décisions, bonnes comme mauvaises. Je comprends pourquoi elle agit de cette manière, ses arguments sont plutôt juste mais en même temps les conséquences peuvent être terrible.

« Il sembla soudain à la jeune fille qu’elle avait passé un long moment dans une pièce désespérément vide et que, d’un seul coup, ses désirs les plus fous y faisaient tous leur entrée en même temps. Ces émotions exacerbées se bousculèrent soudain dans la chambre de son esprit, fragiles et délicates, les soiries de leurs jupes évasées écrasées les unes contre les autres. »

Une héroïne bien plus forte que dans le tome précédant mais qui ne peut malheureusement pas échappés à ses émotions qui lui font commettre quelques erreurs dont certains on ne sait pas si elles seront réparables. J’ai beaucoup aimé la jeune fille dans ce tome, j’ai enfin trouvé en Kestrel, l’héroïne que je cherchais dans le premier tome. Elle est plus forte, plus affirmée dans ses convictions, ses actions malgré sa solitude, ces doutes et ses erreurs. Mais en même temps ce qui fait d’elle, un personnage plus réaliste.

Arin, désormais Gouverneur de Herran, lutte pour la survie de son peuple. Il cherche une issue pour que les siens ne soit plus sous le joug de l’Empereur qui n’a que faire des Herranis. Ses interactions avec Kestrel sont donc plus rares dorénavant et plus difficiles également, ne sachant pas s’ils peuvent se fier l’un à l’autre, mais toujours aussi intenses. J’aime beaucoup Arin, c’est un personnage rempli de nuance, avec une assurance insolente, un entêtement et une loyauté sans faille envers son peuple pour continuer de se battre contre l’Empire. Cependant, il a perdu sa capacité à avoir plus de recul face aux évènements, malgré quelques éclairs de lucidité. Il est plein de colère et de ressentiment qu’ils l’empêchent de dénouer le vrai du faux. J’étais tellement frustrée dans ces moments là, je n’avais qu’une envie, c’était de le secouer pour lui ouvrir les yeux. Bien sûr, il n’a pas toutes les cartes en mains, mais quand même ! J’ai vraiment eu de la peine pour nos deux héros. C’était horrible !

« Renoncer à quelque chose était très différent de se le voir enlever. La nuance, dit-elle, c’est qu’on avait le choix. Une liberté limitée certes, mais qui valais toujours mieux que rien du tout. »

Les autres personnages mis en avant dans ce tome sont tout aussi bien travaillé. Ils sont super qu’ils soient bons ou cruels. Le Prince Verex est vraiment intéressant, je l’apprécie beaucoup et j’espère que le personnage sera encore plus développé dans dernier tome. Son père l’Empereur est aussi vil et cruel que je me l’imaginais. Tensen, le ministre de l’agriculture de Herran, est un personnage très mystérieux tout au long du roman. Tout au long de ma lecture, j’ai imaginé mille et une chose sur lui et je m’interrogeais sur ses motivations. Il me rendait dingue lui aussi ! En fait tous les personnages me rendaient dingue, mais pas dans le mauvais sens.

L’univers crée par Marie Rutkoski est vraiment développé dans cet opus. C’est un monde riche un peu fantasy mais qui pourrait être comparé au nôtre à la période de Napoléon. L’époque des guerres, conquêtes de territoires, et des colonisations de gré ou de force d’autres peuples. C’est le fondement même de la Valorie. Ils ne vivent que pour cette cause. On en apprend également plus sur les autres peuples, les barbares, les terres orientales et les colonies. J’ai vraiment aimé cet aspect du roman, c’est ce qui me manquait dans le premier tome.

Par rapport à l’écriture, je dois dire que par moment je sentais la différence au niveau de la traduction entre les deux tomes. Cependant ça ne m’a pas trop gêné, je pense que ça s’accorde bien avec l’univers l’histoire.

The Crime est plus qu’à la hauteur de ce que j’espérais après avoir été déçue par The Curse. Dès le début, j’ai été tellement prise par l’intrigue politique, les complots et la tension qui régnait, que j’avais du mal à lâcher le roman. Marie Rutkoski a un don pour faire monter la pression. Elle m’a fait vivre un véritable ascenseur émotionnel. J’ai été émue, parfois contente et énervée par certaines actions ou réactions. J’étais aussi impressionnée face à ces maitres dans l’art de la manipulation. Et puis quelle fin ! Je sentais la catastrophe arrivée et je n’ai été déçue !

Au final, je suis contente d’avoir continué la saga. Ce tome addictif est plus intense psychologiquement et agrémenté par un univers et des personnages plus enrichis. Je recommande fortement cette saga !

« Il y avait une part de déshonneur, se dit-elle, à accepter l’idée que se faisaient les autres de l’honneur sans jamais la remettre en question. »

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